Murielle Leconte : mode haïtienne, empreinte durable
Murielle Leconte, surnommée “Minouche”, est décédée le 28 décembre 2025 aux États-Unis. La nouvelle a bouleversé le milieu culturel haïtien, parce qu’elle n’était pas seulement une styliste. Elle était une signature, une présence, une force.
Entre rigueur et appel de la création
Son parcours a d’abord suivi une voie stable. Pendant des années, elle a travaillé dans l’administration publique, notamment au Ministère de l’Agriculture. Pourtant, en parallèle, la passion artistique grandissait. Elle dessinait, observait, imaginait, jusqu’au moment où la création a pris toute la place. À partir de là, elle a choisi d’en faire une vie, et pas un simple passe-temps.
Une styliste devenue artiste du textile
Ce qui la distinguait, c’est sa manière de traiter le vêtement comme une surface d’expression. Ainsi, elle a contribué à faire connaître la peinture sur textile en Haïti. Dès lors, ses pièces ne se limitaient pas à une coupe ou à une tendance. Elles portaient un geste, une histoire, et surtout une identité.
Au fil du temps, son univers s’est élargi. En plus des vêtements, elle a créé des accessoires et a décoré des objets. Elle a aussi exploré diverses matières, tout en gardant une élégance reconnaissable. De cette façon, son style est resté à la fois vivant et raffiné.
Murielle Créations, la fierté du “fait en Haïti”
Avec Murielle Créations, elle défendait une idée claire : valoriser le “fait en Haïti”. Ce n’était pas une posture, mais un engagement. Elle voulait montrer qu’on peut produire beau, solide et moderne, même quand le contexte est dur. Par conséquent, elle a mis en avant le savoir-faire local et a donné du sens à chaque pièce.
Son travail a aussi servi de repère. D’un côté, il affirmait une esthétique haïtienne assumée. De l’autre, il prouvait qu’elle peut voyager sans se diluer. C’est pour cela que son nom a circulé au-delà des frontières, avec des distinctions et des présentations à l’étranger.
Une femme qui a formé et élevé
Murielle Leconte n’a pas seulement créé pour elle-même. Elle a également accompagné des jeunes, soutenu des talents, et encouragé une approche plus professionnelle, surtout dans le mannequinat. Elle parlait de discipline, d’attitude, de confiance. En somme, elle aidait les autres à se tenir debout, sur scène comme dans la vie.
Aujourd’hui, il y a un vide. Cependant, son héritage reste vivant, parce qu’elle a construit avec constance et sans attendre la permission. Enfin, elle laisse une leçon simple : la mode peut être un acte de fierté.
